Premier éditeur suisse à proposer une plate-forme de réseau social d’entreprise, HyperWeek prépare son arrivée en France. « Nous prévoyons l’ouverture d’un bureau à Paris fin 2011 », annonce son fondateur Raphaël Briner, qui espère aussi tirer parti de la proximité entre Lyon et Genève. L’entreprise a déjà noué des relations avec deux intégrateurs, Atos Origin et Micropole, et elle travaille également avec des agences web pour distribuer sa solution en marque blanche.
HyperWeek a été fondée en 2009 mais sa plate-forme a vu le jour deux ans plus tôt au sein d’Electronlibre, une agence de communication digitale basée à Lausanne. « Bâtie sur le framework open source Django, elle a été créée au départ pour mutualiser les développements des projets 2.0 des clients de l’agence », rappelle Raphaël Briner. Cela explique sa polyvalence mais aussi son positionnement, à mi-chemin entre l’outil de publication et le réseau social.
Le point fort de la plate-forme est sa capacité à s’adapter aux besoins de structuration et de présentation de chaque projet. « Notre valeur ajoutée est d’apporter des piliers aux projets en aidant les clients à structurer en amont les thèmes et sujets qui vont servir de cadre aux échanges. Les utilisateurs ont ainsi une vision claire des activités partagées », explique Raphaël Briner.

| Echanger sur les projets. L'organisation Peace and Sport a ouvert son réseau pour que ses membres partout dans le monde puissent présenter leurs projets et partager les bonnes pratiques. |
Mais HyperWeek se veut d’abord une plate-forme pour fluidifier les échanges. Son flux d’activité intègre la mise à jour des statuts mais aussi des articles, des photos et des vidéos. « Nous avons souhaité dès le départ favoriser une approche curatoriale », insiste le fondateur. Pour chaque contribution dans le flux, l’éditeur peut sélectionner les groupes destinataires et définir précisément les droits d’accès.
Le suivi de l’activité peut se faire aussi bien sur des personnes que sur des groupes. Le support des hashtags étend encore les possibilités de filtrages. Enfin le travail sur l’intégration des fichiers richmedias est soigné, avec par exemple des galeries d’images ou l’encapsulage des vidéos YouTube comme dans Facebook. Tous ces éléments sont « lightboxés », ce qui permet de visualiser un média sans quitter le flux d’origine.
HyperWeek cible trois catégories d’usage. L’éditeur s’est d’abord concentré sur des projets « social media » en réalisant des sites publics pour des clubs, des associations, des événements ou des conférences. « A partir de 2010, les entreprises sont venues nous demander si nous pouvions faire la même chose en interne, soit en implémentant le réseau social sur leur intranet, soit avec des communautés privées en extranet », explique Raphaël Briner.

| Communauté de passionnés. L'AviationClub permet aux membres des clubs d'aviation de partager leurs plans de vol et les dernières informations sur le monde aérien. |
HyperWeek a signé ainsi une quinzaine de belles références parmi lesquelles Nestlé Suisse, la Télévision Suisse Romande, Hublot (LVMH), l’assureur Touring Club Suisse, le festival international Montreux Jazz et, en France, l’organisation Peace & Sport, la start up AviationClub (6000 membres). « La plate-forme répond aux attentes des entreprises qui ont d’importants plans marketing et sont gros producteurs de contenus », avance Raphaël Briner.

| Retrouver ses marques. Nestlé Suisse a rassemblé sur un réseau social l'ensemble des supports publicitaires de ses marques. |
Le projet initié pour le compte de Nestlé l’illustre bien. L’industriel a mis en place un réseau social pour rassembler tous les supports publicitaires créés pour l’ensemble de ses marques depuis 20 ans. D’abord limité en interne, il va être ouvert progressivement aux agences de communication. Ces archives éparpillées ou oubliées dans des cartons seront ainsi converties en une base de connaissances sociale pouvant être facilement explorée et enrichie.
HyperWeek peut aussi répondre à des besoins d’intégration verticale. Dans le cas d’Hublot, une communauté VIP a été mise en place pour les propriétaires des montres de la marque. Celles-ci sont vendues avec un certificat électronique d’authenticité qui sert d’identifiant pour rejoindre la communauté. Les catalogues ont par ailleurs été intégrés pour que les montres des membres apparaissent automatiquement dans leurs profils.

| Profil. Il inclut une messagerie et un bouton d'invitation dans les groupes. |
« Tous ces projets nous ont aidé à bien comprendre ce que voulait dire un réseau social dans un contexte d’entreprise et motivé à unifier plusieurs pages pour composer un vrai tableau de bord », commente Raphaël Briner. L’aboutissement de ces travaux est la version 2.0 d’HyperWeek sortie cet été. « C’est un peu l’approche suisse, nous avons pris le temps pour valider que la plate-forme fonctionne parfaitement et qu’elle puisse être propagée chez les grands comptes », ajoute-t-il.
Maintenant que la plate-forme est éprouvée, le fondateur espère boucler dans les prochains mois une importante levée de fonds. L’objectif est d’accélérer les investissements sur la partie mobile et de renforcer l’équipe qui compte actuellement quatre personnes en interne.